Le 27 novembre 1945, un ouvrier italien, immigré au Québec une trentaine d’années plus tôt, trouve une mort violente à l’usine. Il ne verra pas grandir ses petits-enfants.
En juillet 1966, une enfant nommée Carole écoute sa grand-mère raconter, dans un dialecte qu’elle comprend mais ne parle pas, une autre mort violente – celle d’un jeune Italien de la communauté. La grand-mère est veuve; son grand-père, la petite fille ne l’a pas connu.
L’enfant deviendra ouvrière, puis étudiante, enseignante, et enfin écrivaine. Autour d’elle, un bal de fantômes s’est mis en branle, qui ne cessera de la hanter. D’où vient la mélancolie qui l’afflige comme une malédiction? Comment être italo-américaine quand on a perdu sa langue et les lieux qui portaient la trace de sa communauté? Dans ce récit intime où des livres, des films, des photos et un rapport de coroner sont convoqués comme artefacts d’une expérience insaisissable, Carole David retrace sa venue à l’écriture, les marques indélébiles du trauma intergénérationnel, et l’histoire des obsessions qui traversent son œuvre.
Poète, romancière, nouvelliste, Carole David est née à Montréal d’une mère d’origine italienne et d’un père québécois. Elle poursuit depuis quarante ans une œuvre audacieuse qui lie l’intime et le social, couronnée du prix Athanase-David.
Couverture : James Collier